FANAMBY, le défi environnemental de Madagascar. Interview de Serge Rajaobelina, Secrétaire Executif … dans Monaco écologie Magazine.

Monaco écologie, magazine environnemental de la principauté a Consacré deux pages à Fanamby dans son dernier numéro. Une partie Interview de notre Secrétaire Executif Serge Rajaobelina sur l’environnement à Madagascar et une autre partie sur le faisceau hertzien remis par l’association monégasque Act For Nature et le consul de Monaco à Madagascar.

... Fanamby dans Monaco écologie, magazine pertinent sur l'environnement en Principauté! (page1)

Monaco Ecologie: Pouvez-vous nous présenter en quelques mots l’association FANAMBY ?

Serge Rajaobelina: L’association FANAMBY est une association malgache composée d’une équipe multidisciplinaire, qui relève le défi d’un aménagement concerté des espaces terrestres & marins, en partenariat et aux services des femmes & des hommes, misant sur l’initiative privée et les nouvelles technologies, pour la conservation durable de la biodiversité.

Elle se concentre sur une approche régionale des problèmes environnementaux dans des régions identifiées comme priorités nationales pour l’établissement d’Aires Protégées en raison de niveaux élevés de diversité biologique (endémisme).

Depuis sa création en 1997, FANAMBY s’est concentrée sur trois zones d’intervention: la région de Loky-Manambato (nord-est), le couloir forestier d’Anjozorobe Angavo (hautes-terres centrales) et le Menabe Central (ouest). Ces sites d’interventions servent de modèles en termes de création et de gestion de nouvelles Aires Protégées, dans le cadre de la vision Durban (augmentation de la superficie des Aires Protégées de Madagascar).

Depuis 2007, une extension de sites d’intervention s’est effectuée : Baie de Bombetoka (ouest), Allée des Baobabs (centre ouest), Andrafiamena (Nord).

Monaco Ecologie: Comment est née la collaboration avec Act for Nature ? Quelles sont les actions sur lesquelles vous travaillez en partenariat ?

Serge Rajaobelina: La collaboration entre l’association FANAMBY et Act for Nature est née suite à une rencontre de ses deux dirigeants respectifs lors d’une réunion qui a eu lieu à Monaco en 2005. Act For Nature a vu en FANAMBY une institution qui peut agir pour la conservation durable de la biodiversité.

Le lien entre les deux ONG s’est vu renforcer par le partage d‘une même vision sur le développement. Celle-ci s’est forgée à travers la réalisation en partenariat de projets basés sur la conservation du Propithèque de Perrier et son habitat.

Nos deux associations sont convaincues de la nécessité urgente de la protection de l’habitat de ce lémurien endémique à Madagascar, tout en améliorant les conditions de vie des populations locales par le développement des volets de santé, d’éducation et d’écotourisme.

Un de ces projets en partenariat est l’extension de la couverture de notre Radio communautaire Feon’akomba. Act for Nature a récemment fait un don de faisceau hertzien au bénéfice de la communauté et pour la protection de l’environnement.

Actuellement, nos deux institutions soutiennent une initiative villageoise pour la construction d’une école dans le village Anjahankely et trois salles de classe sont prévues pour la rentrée scolaire 2008 – 2009.

Monaco Ecologie: Le consul Général de Monaco et Olivier Arnoult, Directeur de Act for Nature vous ont remis un faisceau hertzien analogique, en quoi ce matériel va-t-il servir dans vos actions au sein de l’association FANAMBY ?

Serge Rajaobelina: Le faisceau hertzien analogique, remis par le consul Général de Monaco et Olivier Arnoult, est destiné à améliorer la qualité de service de la radio Feon’Ankomba (RFA).

La station RFA a été créée à l’initiative de l’ONG FANAMBY, en collaboration avec le Ministère de l’Environnement, des Eaux & Forêts et du Tourisme, ainsi qu’avec des organisations paysannes oeuvrant pour le développement de la région.

À Madagascar, la radio Feon’Ankomba émet depuis novembre 2003 dans la commune de Daraina, située dans le territoire de Loky Manambato, zone agricole et forestière située au Nord de la région SAVA. Enclavé en raison de la dégradation des routes, ce territoire est habité par une population chaleureuse.

Elle a pour objectif d’assurer l’autopromotion et l’écodéveloppement de la population locale, mais aussi le renforcement des structures villageoises dans leur mission de défense du patrimoine forestier, dans le dessein d’assurer la protection l’Ankomba Malandy (Propithèque à couronne dorée), une autre espèce endémique de cette région.

Sur 100.0 FM, la radio RFA diffuse ses propres programmes, principalement en malgache. RFA relaie les journaux radiodiffusés au niveau national et international, mais présente aussi des informations de proximité et des émissions de sensibilisation sur la santé, l’environnement, l’agriculture et la culture ; un travail réalisé quotidiennement par cinq personnels permanents de l’ONG FANAMBY.

L’émetteur de 500 Watts installé à Daraina permettait initialement d’atteindre les 24 fokontany (hameau) des communes rurales de Daraina, Maromokotra, Nosibe, Ampisikinana (30.000 habitants); depuis juillet 2006, l’émetteur, déplacé à 700 m d’altitude, couvre 150 km de rayon et atteint les villes et régions d’Ambilobe, Antsiranana (DIANA), Vohémar et Ampanefena (SAVA), soit plus de 150.000 auditeurs potentiels.

Monaco Ecologie: L’environnement, la sauvegarde de la planète, sont-ils des sujets qui préoccupe Madagascar?

Serge Rajaobelina: Madagascar est classé parmi les pays où la richesse et les taux d’endémicité en biodiversité floristique et faunistique sont les plus élevés : 85% de la flore, 39% des oiseaux, 91%
des reptiles, 99% des amphibiens et 100% des lémuriens sont endémiques. Cette biodiversité est concentrée dans les écosystèmes forestiers qui perdent sans cesse du terrain au profit de l’activité agricole, à cet égard, la perte d’un hectare de forêt à Madagascar a un effet grave sur la biodiversité mondiale. Au point de vue scientifique, cela signifie la disparition de plusieurs milliers d’espèces, n’existant nulle part ailleurs sur la surface du globe.

Aussi, Madagascar se trouve dans l’obligation de préserver cette fameuse biodiversité endémique au moyen de différents types de gestion au niveau des aires protégées, gérées soit par l’Etat, soit par des Privés ou associations comme FANAMBY, soit par les collectivités locales ou cogérées.

Face à cette situation, Madagascar en 2003 s’est engagé à porter la superficie de ses aires protégées de 1 700 000ha à 6 000 000 ha, et également à augmenter la surface protégée de la zone économique marine. Ceci correspond à l’objectif assigné par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) qui est de 10% du territoire national, pour favoriser
un équilibre écologique.

En outre, Madagascar fait partie des pays signataires des Accords de Kyoto et les conventions internationales sur les changements climatiques. Ainsi, un volet environnemental s’inscrit dans les objectifs établis par l’Etat malgache pour concrétiser la « Révolution verte », conformément au MAP (Madagascar Action Plan) et à la vision « Madagascar Naturellement ».

Monaco Ecologie: Quelles sont vos espérances environnementales pour Madagascar ?

Serge Rajaobelina: Suivant les missions assignées par l’Etat Malgache, les attributions de l’association FANAMBY consistent à créer et gérer des aires protégées d’une manière durable.
Ainsi, les principaux résultats attendus de FANAMBY sont :

  • La présentation de l’exceptionnelle biodiversité des sites d’intervention avec la réduction du taux de dégradation de la couverture forestière. Les grandes lignes d’activités s’effectuent à travers l’exercice d’un suivi écologique participatif et l’application de diverses mesures de conservation, l’intensification du mécanisme de contrôle et surveillance, et l’implication des riverains dans le processus de gestion des aires protégées,
  • La valorisation des écosystèmes et la rentabilisation de l’écotourisme au sein des sites d’intervention. Cette valorisation passe par la mise en place d’infrastructures écotouristiques et l’amélioration de celles préexistantes, le développement du partenariat entre la communauté et le secteur privé, enfin, l’amélioration des services aux visiteurs,
  • La promotion des activités alternatives auprès des femmes et des hommes riverains, concrétisée par la promotion, l’opérationnalisation et la dynamisation des différentes structures locales, notamment la mise en place des micro-projets communautaires.
  • Le développement d’attitudes favorables aux objectifs de conservation envers les populations riveraines. L’objectif est d’intégrer les dimensions environnementales dans le quotidien des communautés locales,
  • L’identification et la mise en œuvre de mécanismes de financement durable pour appuyer les objectifs de conservation.

En atteignant ces objectifs, Madagascar deviendrait un leader mondial dans le développement et l’utilisation des meilleures approches pour la protection de l’environnement.

Après de nombreuses décennies d’exploitation non maîtrisée et de négligence, nous avons commencé à inverser la tendance afin de redevenir une « île verte ».

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