Nouveau site pour Fanamby : Bombetoka-Belemboka.

VoronosyLa nouvelle a été annoncée en 2007 lors du dernier staff meeting. L’Association Fanamby officialisera prochainement son nouveau site au Nord Ouest de Madagascar, notamment à Bombetoka Belemboka, Région Boeny,.

D’une superficie de 46000 hectares, ce site comprend :
– les îlots de mangroves du delta du fleuve Betsiboka, habitat naturel de nombreuses espèces d’oiseaux endémiques, et
– les lambeaux de forêts sèches des deux rives du fleuve abritant les lémuriens

Logo Voronosy Mario PerschkePour ses débuts à Bombetoka Belemboka, Fanamby prendra en main la continuation du Projet Voronosy initiée par Feu Mario Perschke dont les objectifs se résument à la conservation de l’oiseau menacé d’extinction Threskiornis bernieri (ibis sacré/aux yeux bleus) appelé localement « Voronosy ».

Fanamby apportera plus de défis à relever en ajoutant aux objectifs la conservation du lémurien Lepilemur verreauxi coronatus (Propithèque couronné) du nom local « Tsibahaka » et en joignant à l’approche conservation une autre plus orientée vers le développement local.

En perspective, Fanamby réalisera les desseins suivants :
– Préservation des habitats naturels : des îlots de mangrove et des forêts sèches par la mise en place d’une nouvelle aire protégée intégrée dans le Système des Aires Protégées de Madagascar.
– Promotion des activités génératrices de revenus en harmonie avec l’environnement (apiculture,…)
– Activités de reboisement des mangroves et des tannes.
– Promotion de l’écotourisme.
– Promotion de l’intercommunalité.
– Facilitation de l’accès à l’information pour les opérateurs et particuliers locaux.

Voronosy_voronaPour ce faire, le Chef de Projet et son Assistant Logistique et Mobilisation Communautaire travailleront en collaboration avec les partenaires ; entre autres, les autorités locales (Région, Districts, Communes, Fokontany, Ampanjaka…), les services techniques et administratifs (Environnement, Tourisme, Agriculture, Pêche…), ANGAP, SAGE, BirdLife International Madagascar Programme, Antrema, SAF FJKM…)

Lire aussi

5 thoughts on “Nouveau site pour Fanamby : Bombetoka-Belemboka.

  1. Bonjour à tous,

    J’ai lu votre explication en haut. Vous avez fait une petite faute sur le nom du genre Lepilemur verrauxi coronatus. C’est Propithecus coronatus. Merci Dr Nicole Andriaholinirina, Faculté des Sciences de Majunga

  2. Oui, Bonjour Dr Nicole,
    Merci beaucoup pour cette correction. Nous avons également hésité à utiliser le nom de Propithecus coronatus car les études sur la validité de l’espèce ne sont pas encore toutes cohérentes par rapport à Propithecus verreauxi coronatus
    Merci

  3. Bonjour,

    cette vision d’un aménagement d’une vaste zone appropriée depuis des générations par des populations locales sans réellement prendre en compte leurs motivations me laisse dubitatif sur les objectifs d’un tel projet qui laisse penser à une vision pro occidentale et son ingérence écologique.
    D’autre part, parmi tous les desseins celui qui consiste à vouloir reboiser de la mangrove montre bien que vous ne connaissez pas le secteur à partir de données terrain.
    L’urgence dans une premier temps serait d’une part d’assurer aux populations locales notamment du village de Matahitromby (en face de Boanamary) d’avoir accès à une eau potable, mais aussi en ce qui concerne le reboisement d’en réaliser plutôt dans les secteurs de forêts sèches rétro littorales qui ne renferment plus de bois de belles dimensions car ce secteur fut un des sites privilégiés dans l’approvisionnement de l’agglomération de Mahajanga.
    par contre dans les mangroves, il serait plutôt utile de valoriser tous les bois notamment les avicennia secs et échoués qui marquent les laisses de haute mer sur plusieurs ilôts et dont l’usage en bois de feu permettrait de protéger d’autres espaces soumis à pression.
    je reste à votre disposition pour discuter de ce projet qui me semble certes intéressant mais assez loin des particularismes locaux.
    cordialement

    Eddy Renoux

    1. Bonjour,

      Merci pour vos questionnements sur notre approche et nos actions dans la Baie de Bombetoka.

      La Baie de Bombetoka concentre de nombreuses problématiques socio-économiques et environnementales, causées par la proximité de la ville de Mahajanga et aussi par une certaine hétérogénéité des populations environnantes; la vision d’une vaste zone « appropriée depuis des générations par des populations locales » nous semble loin des réalités que nous rencontrons quotidiennement. Malgré notre présence sur le terrain (notre base est à Matahitraomby), la mobilisation des communautés vers une meilleure gestion des ressources naturelles (et espaces de subsistance) est très difficile en raison d’une pauvreté attisée par les récentes crises et des conflits locaux. La fermeture de la cimenterie SANCA à Boanamary en 2002 et celle de la ferme aquacole SOMAQUA en 2008 a provoqué un afflux de personnes (salariés originaires de tout Madagascar) sans autre option que l’exploitation irrationnelle des ressources forestières (exploitation illégale des bois précieux, charbonnage, culture sur brûlis de maïs) pour répondre à une demande croissante de la proche ville de Mahajanga.

      L’utilisation des bois morts en tant que bois de chauffe fait déjà partie du quotidien des communautés locales; il semble par contre illusoire de penser que les bois de laisses puissent approvisionner durablement la ville et répondre aux besoins des citadins (le charbon est un très bon compromis au niveau du transport, du prix et des modalités d’usage). Les alternatives au charbon (cuiseur solaire, boîte-cuiseur solaire) peinent à percer pour des simples préférences gustatives (le riz cuit au charbon est meilleur) et d’utilisation (il faut de la place, du temps et de l’organisation); néanmoins la diffusion de ces alternatives doit être toujours et encore renforcée au niveau des zones urbaines et non au niveau des populations rurales.

      Le projet de reboisement des mangroves peut sembler hors-sujet, c’est vrai. Néanmoins, sur la base d’autres interventions de Fanamby à Madagascar, nous avons constaté qu’en terme de reboisement, il est préférable de commencer avec des espèces faciles assurant une réussite rapide et visible pour montrer que c’est possible (Eucalyptus, pins,…). Le reboisement des mangroves est relativement facile et est susceptible de répondre partiellement et à moyen terme aux besoins locaux-régionaux en bois et en chaux (préparation des poissons à Mahajanga); il permettra également de combler le vide devant le village de Matahitromby (vu sous un autre angle, ceci risque d’attirer les moustiques…). Un tel projet de reboisement-mangroves permet d’identifier les personnes motivées, de réfléchir sur les modalités du reboisement (terrain, période, main d’oeuvre, modalités d’usages ou de protection) pour ensuite mettre en place des pépinières, des pares-feux et des parcelles de reboisement sur les marges forestières des forêts sèches de Belemboka. La plantation d’arbres à croissance rapide pour la production de charbon est capitale, l’aménagement de pares-feux et de haies vives fourragères est également à considérer. La gestion des feux sauvages (attisés par des vents forts varatraza ou talio) reste un problème crucial, pour l’instant sans solution viable.

      La question de l’approvisionnement en eau des communautés de Matahitromby est au coeur de nos préoccupations. La solution technique a été identifiée (pompage solaire-éolien des résurgences des couches calcaires de la pointe Marolahy dans un citerne et alimentation par gravitation dans un petit réseau à partir de là), reste à trouver les financements et surtout à mettre en place des modalités de gestion (entretien, usage, hygiène de fontaines-publics) viables. Un risque également que nous considérons très sérieusement est que cette amélioration des conditions de vie entraîne une immigration importante (situation rencontrée à Moramba) qui se traduira évidemment par une augmentation des besoins (en général); à ce titre, nous travaillons sur l’élaboration des plans d’aménagement qui sécurise les populations locales et leurs accès aux ressources tout en discutant des modalités de gestion de conflits déjà existants.

      Notre approche n’est pas d’accroître la dépendance des communautés aux intervenants externes, mais au contraire de les responsabiliser et les autonomiser sur le long terme.

      A noter que les activités prévues en 2009 (reboisement des mangroves entre autre) n’ont pour la plupart pas été réalisée en raison de la situation politique qui a conduit à une recrudescence incontrôlée de l’exploitation illicite et illégale rarement au profit des communautés locales. L’appui à la filière miel (amélioration de la qualité pour améliorer la plus-value) ainsi que le développement du tourisme (communautaire sur la base de l’approche Fanamby https://fanamby.wordpress.com/2008/05/27/anjozorobe-projet-tourisme-durable/) sont en cours pour améliorer les revenus des communautés. Des petits appuis au niveau scolaire (matériel pour EPP) et sanitaires (cuiseur solaire pour stérilisation des équipements) ont également été concédés.

      Le site de Bombetoka-Belemboka est le plus difficile parmi tous les sites où notre organisation intervient; il a même été question d’y renoncer pour s’investir dans une autre zone où les perspectives de réussite sont plus importantes…

      En espérant avoir répondu à vos interrogations, meilleures salutations

      L’équipe de Fanamby Bombetoka-Belemboka

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s